2010
Au Royaume des anges
Rencontrer un ange est une chose rare,
Ils sont parmis nous, mais on ne les voit pas,
On ressent leurs souffles sur nous, leurs pouvoirs,
Peut-etre de léger battements d’ailes parfois…
Oublions ce cliché d’ange tout vêtu de blanc,
Oreolé, luisant, brillant, virvoltant dans les airs
De maniere gracieuse, habile, au gré des vents,
Se delectant de ce qu’il se passe sur terre.
Moi je les vois dans de sombres vêtements,
Fais de velours, d’acier, de cuir et de dentelles,
Le tein blafard, un maquillage funeste degoulinant,
Marchant lentement dans les plus sombres ruelles…
Sur leur corps et sur leur visage, des bijoux étranges,
Qui mêlent le sang et la chair, à l’argent et à l’acier,
Leur peau est couverte d’oeuvres et de louanges,
Dédiées à des dieux autres que celui que l’on connait…
Ils ont de grandes ailes, noires comme la nuit,
Fortes et puissantes, faites de plumes brillantes,
Comme celle du corbeau volant sans un bruit,
Sous les lueurs des étoiles et de la lune agonisante…
Il pleurent souvent, par pitié envers les humains,
Voyant ce que dieu a fait de sa plus belle creation.
Ils ont essayé de nous aider, de nous sauver, en vain,
Alors, la mort dans l’âme, ils se tournent vers le démon.
Jouissant de tous les plaisirs de la vie, vivant dans le pêché,
Ils s’abandonnent dans l’ivresse et la chasse aux dragons,
Dans la luxure et la violence, le plaisir et l’ambiguité…
Ils n’ont plus qu’une seule limite, leur imagination…
Ils aiment l’art, l’architecture, la beauté, la littérature,
Arpentant les longs couloirs d’une obscure bibliothèque,
A la recherche de rares et magnifiques reliures
De Byron, de Shelley et de sombres tragédies grecques
Ils aiment aussi la musique, celle qui leur donne la foi,
Les souffrances, les larmes et les cris de Noir désir,
L’ambiguité d’Indochine, les divisions de la joie,
La folie des Doors, les shamans, les drogues et le plaisir…
Leur apparence étrange, ne les rend pas mauvais,
Ils restent tout de même des anges venus du ciel,
Ils sont aussi doux, tendres, beaux, plein de bonté,
Ils sont l’ombre de l’humanité, ils sont immortels…
Bien des gens diront que ce n’est qu’une histoire,
Un conte pour jeune dépravé avide de noirceur,
Ou encore une hérésie, ou bien un cri de desespoir,
Dans les méandres d’un esprit sous l’etreinte de la peur…
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