13.05
2010

Déprime

Comme lorsque nous subissons une perte chère, je pleure. De mes gongues s’arrachent les sanglots d’une souffrance aride. Dans ma plaie, qui s’écarte, pénètre le pus de l’infamie. Des plaintes morbides s’échappent de ce puits sans fin. La lave coulant de ma brèche dégouline tout le long de ma carcasse inerte, en brûlant comme de l’acide ma peau tremblante. Je parviens finalement à accepter la vérité, atroce soit-elle. Mon cœur s’ouvre et se déchire dans un craquement sonore pour laisser le souffre s’échapper de la matrice sanglante. Ma dépouille s’avachit sans bruit sur le sol funeste. Un gout âcre me monte à la gueule et je m’éteins aussi vite que j’apparus autrefois dans ce monde effroyablement terrifiant que je ne regrette nullement de quitter.

Accablée, Mélandia

Auteur : Mélandia
Thèmes du poème : Mort, Prose, Tristesse
Mots clés du poème :